La charge mentale, qu’est-ce que c’est ?

Quand j’étais petite, j’avais Mémé comme conseil, femme qui a vécu centenaire. Devant le changement de société, elle disait qu’avant la guerre (hé oui, elle a vécu 102 ans), c’était plus simple car les rôles de chacun étaient bien définis. Les hommes travaillaient et leur salaire faisait vivre une famille. Les femmes s’occupaient des marmots et de la gestion de la cabane.

Quand j’étais petite, j’avais Maman, ma mère dans le texte. Très petite, j’ai su qu’elle était autodidacte, cadre, qu’elle gérait les marmots, la cabane, et les bêtises de Papa, mon géniteur dans le texte. Elle s’appuyait sur l’aide d’autres femmes, comme ma Tata, ma nounou dans le texte, sa sœur, ou encore des amies de passage, des copines mamans d’école dans le texte. Elle recevait la critique d’autres femmes, sa mère notamment, et l’indifférence d’hommes qu’elle aimait, son mari ou encore son père. Elle se soignait une image de Working Girl, comme Mélanie Griffith dans le film.
A  la maison, elle faisait presque tout : le ménage, le linge, les vaccins pour nous, organiser nos vacances, l’école…. Papa faisait les courses. Mais surtout, elle s’inquiétait de tout sur tout. C’est ça la charge mentale.

 

Pourquoi avons-nous cette tendance ?

Après avoir eu ces modèles, j’ai toujours pensé que j’arriverai à tout gérer. J’ai même fait un burn out avant d’avoir des enfants ! Je suis pour partie autodidacte, j’ai eu ma revanche sur des études supérieures que je n’ai pas pu me payer. Je suis d’un naturel constamment insatisfait, donc j’en veux toujours plus, dans de meilleures conditions.

Je pense que les films des années 80 & 90 qui nous ont bercées ont influencé notre vision de la femme : elle doit être mieux qu’un homme, combative pour réussir au niveau pro, séductrice, et maman.

Quand j’ai grandi, et fondé une famille, je suis tombée dans ce piège. Au début, dites-moi si je me trompe, on est deux. On a du temps, des loisirs, et plier son linge n’est pas dérangeant en soi. Puis on est 3. Je n’arrive pas à gérer, on me dit que c’est normal, que c’est le baby blues. Il me dit qu’il pourra s’en occuper plus quand BB sera grand etc… Puis on est 4, e j’ai un boulot, un taf. Je n’ai plus de loisirs. Je ne fais que courir après le temps, à mentalement tout planifier, jusqu’à l’épuisement. C’est lourd. Et IL me dit que c’est parce que je ne parle pas, que je ne parle pas, que mon organisation est quasi militaire, qu’IL se sent enfermé.

Mais moi non bien sûr ! donc deux solutions :

1° Casser son couple, ce qui, au vu des statistiques, est une vraie tendance de fond,

2° S’y mettre pour résoudre ce problème de taille.

 

Comment cela se manifeste ?

Je pense que lorsque la charge mentale est trop lourde, la peur est l’émotion qui s’invite. Pour en savoir plus sur les émotions, je vous invite .

De fait, deux réactions s’imposent en fonction de chacun. La stupeur, on se fige, et on n’est plus capable de rien. Ou pour moi, la réaction, à savoir, colère, énervement, cris etc… mais ça bien sûr, c’était avant :

Résultat : la charge reste la même, avec la fatigue de la colère en plus, l’effarement de son entourage et un “Je ne peux pas deviner si tu ne le dis pas” de MOSSIEUR !

Comment s’en sortir ?

Sur le net, et dans les librairies, il y a un tas de recettes. Du bouton STOP j’arrête, et j’attends que cela se passe en méditant un peu aux réunions avec ordre de jour avec son compagnon, il y a de tout.

J’ai appris en premier d’arrêter de culpabiliser de mes coups de sang. Ce n’est pas en me faisant des reproches que j’agis sur les déclencheurs de crises et que je passer réellement à l’action.

Pour ma part, c’est une attitude que nous avons mis en place avec MOSSIEUR et que nous cultivons au quotidien, avec une vigilence réciproque.

1° FAIRE LE POINT

Après un énième pétage de plomb, et un “jenepeuxpasdeviner” et “tum’enfermesdanstonorganisation”, nous avons fait le point. C’est vrai que se défouler entre copines permet d’évacuer le surplus de charge, mais ne permet pas qu’IL soit au courant de notre souffrance. De même, avec cet échange, je me suis aperçue qu’IL se mettait de la charge, sur des choses qui me semblaient totalement dérisoires. En effet, une haie de tuyas droite vs les devoirs de classe de Junior ? hein, comment on priorise là ?

Et bien, selon MOSSIEUR, comme je m’occupe des devoirs, sans rien dire, il peut se préoccuper des haies. Pourquoi pas.

Du coup, nous avons discuté, et nous discutons régulièrement pour ajuster nos points de vue.

2° PRENDRE DU RECUL

Je pratique la méditation depuis 2 ans. Cela permet de souffler, d’appuyer sur le bouton “off” et de prendre du recul. Grâce à cela j’ai pu mettre des petits jeux en place du genre : si je ne lave pas les WC pendant une semaine, est-ce quelqu’un va s’en préoccuper ? est-ce que ce sera pris en charge ? avec option reproche ? dans l’affirmative à toutes ces questions, le dégainage verbal défensif est déjà prêt dans ma tête.

Sinon, on ajuste.

La méditation de pleine conscience a surtout la vertu de se concentrer sur la chose présente, celle qu’on est en train de réaliser. De fait, avec de l’entraînement, le cerveau ne part dans tous les sens que si on le laisse faire.

3° PLANIFIER MALINS

Quand mon cerveau a besoin d’exprimer plusieurs choses à la fois, je prends le temps de prendre des notes. Perso, je me suis mise aux journaling numérique. Et je priorise, ordonne, délègue et élimine ce qui n’est pas indispensable.

J’ai parlé des objectifs MALINS ici. Cela peut s’appliquer dans l’organisation personnelle. Cela permet de se fixer des objectifs réalistes, et réalisables dans le temps. Et surtout, j’y mets du fun pour que mon cerveau y trouve un intérêt à réaliser l’objectif visé.

Selon l’âge de la descendance, dans le texte les enfants, elle peut prendre en charge certaines tâches ménagères. Tout est question de présentation. Chez nous, le partage est pour tout, les plaisirs ou les corvées. Je m’aperçois que nos restes de cours sur l’esclavagisme, Les misérables ou Oliver Twist nous poussent à limiter cela. Mais sans en faire des esclaves, ni des enfants roi, partager les tâches ménagères permet de se dégager du temps pour le passer en semble. Et ça, dès 4-5 ans, ils peuvent le comprendre.

Par ailleurs, j’ai investi dans de l’électro-ménager ludique, comme un aspirateur sur batterie. Du coup, tout le monde s’en sert. Je mets à disposition les lingettes WC juste à côté de la chasse d’eau, bien en vue. Enfin, il y a une raclette dans la douche. Les enfants jouent le jeu. MOSSIEUR a acquis de mauvaises habitudes, mais bon, nous avançons 😉

4° DELEGUER A MOSSIEUR

Déléguer, c’est renoncer. Renoncer à ce qui pourrait être parfait, et rapide. C’est aussi permettre à MOSSIEUR de prendre en charge les choses. Exemple hier : liste de deux objets pour les courses = 3 appels. BEN OUI ! IL avait vu aussi une promo sur une table de jardin ! Sauf que pendant ce temps, à la maison, je mangeais avec les enfants, avec le débat sur la nécessité de prendre une douche après une journée de sport, de ne pas inonder son bureau quand on fait des QIXELS !

Bel exemple de potentielle crise, pas du tout vécue de la même façon par MOSSIEUR, qui a dû trouver que j’étais sèche au téléphone, surtout pour le dernier appel où au final, je vais devoir aller acheter la super promo, parce qu’il l’a vue, et qu’il pouvait pas la prendre comme IL était devant. PAS GRAVE ! Si je lui avais demandé, il m’aurait sûrement dit qu’il n’avait pas pris de chariot… Nous avons encore des marges de progrès  😉

5°DIALOGUER et COMMUNIQUER MALIN

Cela fait partie de la vie de couple de partager. Pour cela il faut dialoguer. Tout le temps. Bizarrement, c’est moins fatiguant que de se mettre en colère ou de faire tout toute seule.

Et puis aujourd’hui, il y a des outils numériques qui peuvent aider :

  • calendrier en commun
  • liste de courses partagée

Et surtout se rattacher à l’essentiel, et prendre les choses ridicules à faire, comme la super promo de table, avec humour et dérision. Du coup, cela devient du plaisir !

 

 

Et vous, connaissez-vous une charge mentale trop lourde ? Comment faites-vous face ? Merci de vos partages en laissant un commentaire

Se libérer de la charge mentale
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