A l’heure où le salon de l’agriculture bat son plein, je souhaiterais parler d’écologie. Mais d’écologie managériale.

Quel est l’intérêt de cultiver son management comme on cultive son potager ? Parce que comme dans l’agriculture bio, le manager bio va chercher un résultat durable.

De l’intérêt d’investir dans l’humain

Depuis le début de la révolution numérique, l’entreprise a trouvé des pistes de gains de temps et de productivité. La mondialisation aidant, elle a été contrainte de gagner en compétitivité. Dans un pays comme la France où le coût du travail chargé est important, l’entreprise a travaillé ses process, pour rationaliser et optimiser le temps dévolu aux missions de ses employés. Ainsi, elle a su rester réactive, compétitive, avec des résultats immédiats.

On peut ainsi faire l’amer constat d’une société en peine : familles décomposées en nombre, burn-out, RPS, suicides

Parallèlement, on s’aperçoit que les actifs les plus jeunes ne se retrouvent pas dans les structures pyramidales classiques, et l’entreprise peine à les attirer.

Qu’est ce qu’un manager bio ?

Ce n’est pas parce que tu manges bio que tu es un manager bio ! Même si cela peut contribuer…

Manager bio, c’est manager durable. C’est penser à ce que les collaborateurs (et non pas employés) peuvent apporter sur du court, moyen et long terme. C’est donc investir dans l’humain, faire des paris sur leur capacité à évoluer et à faire évoluer l’entreprise.

C’est donc penser à long terme, avoir de la vision. En effet, comme l’agriculture bio, le rendement peut chuter à court terme, manager bio permet de valoriser les collaborateurs, de les reconnaître et de leur permettre de s’exprimer, d’être créatifs et d’être au cœur de la performance de l’entreprise. C’est préparer un impact positif sur l’absentéisme, le présentéisme et le manque d’implication des employés.

 

Quelles sont les qualités du manager bio ?

Le manager  bio est avant tout un manager exemplaire. On ne peut pas être pneumologue et lutter contre le tabagisme en étant fumeur. L’ensemble de la démarche doit avoir du sens. Cela implique pour le manager bio de faire ce qu’il dit.

Le manager bio doit être doit être courageux. Il doit pouvoir assumer pleinement ses décisions, et avoir une communication transparente avec ses collaborateurs. Ce n’est pas naturel au début de dire “je ne sais pas” à l’équipe qu’on encadre.

Pour trouver des solutions, il est à l’écoute, de façon empathique. Il doit être en capacité d’animer la réflexion des autres.

Le manager bio se manage

Pour être dans des conditions de management durable, avant tout, le manager bio doit se manager. En effet, il doit se trouver et se connaître suffisamment pour développer un rythme de vie en adéquation avec ses capacités, ses compétences, son éthique, et ses aspirations.

Il doit donc prendre soin de lui avant de pouvoir prendre soin des autres. Il doit faire du sport, avoir une vie pro et perso équilibrée. Si tu veux t’y mettre, tu es à la bonne adresse 😉

Le manager bio doit avoir la maîtrise du temps et de la charge de travail qu’il accepte pour lui et ses équipes.

Il doit enfin savoir prendre du recul pour analyser et comprendre son environnement et son équipe. Pour cela, il doit être en bonne santé physique et psychique. De là en découle une discipline de vie  qui lui permet de vivre ses objectifs professionnels à long termes.

Mon expérience :

J’ai vécu un burn out avant même que le grand public en parle. C’est le médecin du travail qui a déclaré mon inaptitude qui m’a fait découvrir le terme et le concept. Ensuite j’ai beaucoup lu sur le sujet. J’ai partagé mon expérience, notamment dans le second opus d’Aude Selly. En effet, un burn out n’est pas facile à accepter au départ. A l’époque, au travail, ce n’était pas connu et beaucoup ont confondu avec la dépression .

J’ai ensuite appris à connaître mes limites, et à discipliner mon enthousiasme face aux nouveaux défis. En effet, mon engagement et mon perfectionnisme peuvent me mener au-delà de mes capacités physiques à les mener. Maintenant, après deux nouvelles alertes, je sais détecter les points potentiels de bascule en écoutant mon corps.

J’ai mis en place des routines et des habitudes de vie : sport, méditation, écriture… complète une routine matinale stricte. J’ai développé aussi des stratégies d’organisation qui répondent aux difficultés ou aux écueils que j’avais en matière de management. Pour en savoir plus sur cette expérience, je vous invite à aller ici,  ou encore .

Le manager bio manage ses collaborateurs

L’objectif du manager bio est de se tourner vers les autres de façon à en tirer le meilleur profit sur le long terme. C’est une démarche gagnant-gagnant car le collaborateur tire de sa part : de l’expérience, de la motivation. Il peut exprimer sa créativité et développer ses compétences. Le choix des collaborateurs est primordial pour pouvoir mettre en oeuvre un tel changement. A ce titre, les modes de recrutement sont en cours de révolution : bon nombre d’initiatives font entrer le concret dans la phase de recrutement. Je t’invite à lire l’article sur une initiative “onvabosser.fr”.

Mon expérience : 

Pour ma part, quand je dois recruter, je survole assez vite les CV, ne lis presque pas les courriers de candidature. Je préfère prendre le temps de recevoir les candidats et de discuter, faire connaissance. En leur présentant ma façon de travailler, je vois si le candidat est en phase avec la façon de travailler, son potentiel, et son état d’esprit.

 

Le manager bio doit être en mesure de favoriser l’autonomie de ses collaborateurs. Il consacre du temps pour investir dans la formation des collaborateurs, pour leur montrer les attendus. Cela lui permet de mieux connaître les compétences de chacun, de fixer des objectifs réalistes tout en explicitant la qualité attendue. Pas à pas, cela permet de développer la compétence collective et de donner du sens à l’action de chacun.

Le manager bio doit savoir prendre des décisions, et les assumer. Il doit pour cela prendre le temps de réfléchir sur les implications de faire ou de ne pas faire. Clairement, il doit lister ce qu’il risque à prendre telle décision, et ce qu’il risque à ne pas le faire. Ainsi, il projette sa décision de façon durable et prend en compte toutes les dimensions du problème avant de prendre sa décision. Une décision ainsi réfléchie est plus facile à mettre en oeuvre.

Il sait donc fixer des objectifs durables et qui ont du sens. Je t’invite à lire l’article sur les objectifs MALINS ici.

Par ailleurs, le manager bio doit savoir reconnaître et valoriser le travail de son équipe. C’est l’occasion de tester une délégation plus importante pour tel ou tel dossier.

Le manager bio doit donc savoir déléguer. Déléguer ne veut pas dire “refiler un dossier et attendre un résultat final à telle date”. Déléguer, c’est donner une opportunité à un collaborateur de prendre en charge un dossier, tout en vérifiant qu’il dispose de tous es moyens pour le faire, de faire des réunions de travail régulières à chaque étape du projet. Déléguer, c’est aussi laisser l’opportunité au collaborateur de se tromper. En faisant des points réguliers, le manager bio peut s’en apercevoir rapidement et ajuster.

La communication est essentielle et facilitée depuis l’arrivée du numérique. Cependant, le manager bio s’attachera à communiquer utile, sans noyer ses collaborateurs. Pour explorer la question de la bonne gestion des mails, tu peux aller ici et .

Mon expérience :

Dans le cadre de mon activité actuelle, l’équipe que je dirige fonctionne pour bonne partie en mode durable. Chacun connaît les forces de chacun, la bienveillance est de mise, même avec les collaborateurs qui sont en difficulté.

Le travail que je dois mener maintenant avec l’équipe est une réflexion sur l’optimisation des infos. En effet, nous avons longtemps mis tout le monde en copie en pensant que le mail envoyé était forcément une information retenue.

Or, du fait de la masse des situations et des dossiers, cela est utopiste. Par ailleurs ces infos se trouvent à des endroits multiples : mails, plateforme de dématérialisation courriers, CR de réunions, tableaux de bord.

Par ailleurs, je ne suis qu’un maillon de la chaîne et ne maîtrise pas tous les aspects de la ligne de décision. Je ne maîtrise pas forcément les échéances, ni l’emballement de certaines décisions. Par contre, j’utilise toujours cette posture de mise en hauteur pour relativiser l’utilité de la demande, et négocier des délais plus tenables.

 

En résumé, manager bio :

Cet article a été inspiré de l’excellentissime livre Manager par les équilibres que je suis en train de lire. Un article sera à paraître très prochainement. Si vous êtes curieux et ne pouvez attendre, cliquez sur l’image :

Et toi lecteur manager, te sens-tu prêt à partager ton expérience du management durable ? N’hésites pas à partager en laissant un commentaire.

Comment devenir manager BIO ?
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