Procrastination : faut-il lutter ?

La Procrastination, on en entend parler partout. C’est un mot à la mode, qui, lorsqu’on souhaite gagner du temps, laisse penser qu’on en perd. La Procrastination, rien qu’à lire ce mot, et on a un sentiment de culpabilité.

Quand on tape ce mot sur Amazon, il est intéressant de voir le nombre de bouquins sur “comment lutter contre…”. Le moteur de recherche oriente vite la problématique sur “comment s’organiser”… Mais est-ce la solution ?

J’ai enquêté pour vous…

Définition

Par définition, la procrastination, c’est remettre au lendemain, surtout quand il s’agit d’une tâche qu’on juge peu plaisante. N’oublions pas que ce qui n’est pas plaisant pour l’un peut l’être pour l’autre. Tout est question de trouver le bon profil pour une mission !

Donc la procrastination est le fait de reporter systématiquement des choses au lendemain. Cela peut avoir de lourdes conséquences, tant sur le plan perso au niveau de la vie quotidienne que sur le plan professionnel quand on ne tient pas les échéances.

C’est pourquoi de nombreux auteurs ont écrit sur la question et comment la résoudre sur le plan organisationnel surtout.

Arrêter de procrastiner… demain ?

J’ai longtemps pensé ainsi, en me demandant comment optimiser au maximum mon temps de façon à limiter ce que j’appelais les temps morts.

Puis un jour j’ai observé mon fils qui apprenait à nager : beaucoup d’efforts, beaucoup d’éclaboussures pour au final peu d’avancée dans le bassin. En effet, malgré le bruit produit, les gestes extrêmes qu’il produisait, il n’avançait pas. J’en ai fait un corollaire avec le monde du travail.

Ce n’est pas celui qu’on entend le plus qui travaille le mieux. En refusant l’existence de la procrastination, on essaie de tout contrôler, ce qui demande énormément d’énergie pour un résultat qui, personnellement ne me satisfaisait pas.

Du coup, pourquoi empêcher les gens d’être naturel et de laisser leur imaginaire travailler “un peu” ?

Tim URBAN

J’ai découvert Tim URBAN et son blog à la suite du visionnage de sa prestation sur TED, sur une conférence sur le fonctionnement du cerveau d’un procrastinateur.

J’en ai fait un sketchnote :

La théorie de Tim Urban est que dans le cerveau d’un procrastinateur il y a 3 personnages :

  • le soi volontaire, qui veut tenir ses objectifs,
  • le singe de la gratification, qui vit au moment présent, veut s’amuser, prendre du plaisir,
  • le monstre de la panique, qui apparaît à l’approche de l’échéance et vous fait peur à tel point que le singe s’enfuit et permet au soi volontaire de reprendre les commandes.

Laisser le moment présent vous envahir, ce petit singe de la gratification permet d’avoir du plaisir immédiat dans ce qu’on fait. De même que la méditation permet de se centrer sur le moment présent, le singe de la gratification peut permettre de faire une pause.

A l’inverse, quand l’échéance arrive, le monstre de la panique nous  pousse à une situation de stress proche de ce qu’on connait en cas de danger. Cela fait fuir le singe et cela nous pousse à passer à l’action. Mais pour quel résultat ?

Je me souviens de ce semestre à la fac où je devais lire The Tempest de SHAKESPEARE. La veille du partiel, nous avons été avec une copine de fac au cinéma du coin, la Ferme du Buisson à Noisiel. Nous y avons vu une interprétation très “libre” de la pièce. Ben sans l’avoir lue, et avec les seules images d’un homme dénudé sur la plage, il m’a été très difficile de sortir un 9 en dissertation !

Par conséquent, je vous propose de dompter ce singe, sans pour autant laisser le monstre de la panique prendre le contrôle.

Comment dompter son singe ?

Premièrement, il est indispensable d’ACCEPTER son existence, pour tous. Il est plus ou moins présent, mais il est là.

Ensuite, donnez lui des règles, pas trop strictes. Par exemple, si votre kiff est de vous évader sur les réseaux sociaux, donnez-vous une limite, quitte à programmer la minuterie de votre téléphone pour tenir vos engagements.

Puis, petit à petit, fixez un périmètre plus restreint à votre singe, jusqu’à atteindre votre objectif. Attention cependant à continuer à laisser votre singe s’exprimer, de façon à garder et cultiver votre identité.

En maniant votre singe de façon consciente, vous ne subissez plus son influence, vous jouez avec.

Profitez

Une fois ces bases établies, il faut trouver des moments d’évasion, qui permet au singe de s’exprimer. Je connais une personne qui le fait très bien, même si ça m’énervait au début. Son singe se lève en même temps que lui, seulement le week-end. Ils vagabondent ensemble sur internet le temps d’un bon et long petit déj’. Puis quand il le décide, il fait disparaître son singe pour se mettre à faire ce qu’il s’est fixé pour la journée. Quand on s’est connu, le singe de mon amoureux s’éclipsait très tard, trop tard dans la journée. Aujourd’hui, il maîtrise son singe.

L’enjeu est d’éviter au maximum la sortie du monstre de la panique. Comme son nom l’indique, il est source de stress, et peut déclencher la panique totale, pour vous et votre entourage.

Donc cadrez le singe et profitez de votre sens de la procrastination.

Et pour ceux qui veulent quand même un appui d’un bon bouquin ?

Je vous conseille

Diane Ballonad Rolland est une auteure et blogueuse autour des questions d’organisation. Cette série de bouquins est par ailleurs très bien faite et illustrée avec humour, car il faut surtout dédramatiser : la procrastination n’est ni une maladie ni un handicap.

Par ailleurs, pour mettre en œuvre concrètement une méthode de “domptage de singe” qui vous convienne, tenir un bullet journal ou un agenda créatif peut être un bon support.

Personnellement, j’utilise ce dernier pour matérialiser les moments où j’ai des rdv ou des tâches à faire, et les moments où je laisse sortir mon singe.

Et toi cher lecteur, connais-tu les habitudes de ton singe ?

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